Et c'est parti ...

Et c'est parti ...
Je me lance enfin ...

Après avoir lu plusieurs fictions sur Rammstein, et à la suite d'un rêve,
je me décide enfin à écrire. J'espère que vous serez nombreux(ses) à
me lire et surtout que vous aimerez cette fiction...

J'essayerai d'être la plus régulière possible =)
quelques infos sur moi : je m'appelle Clara, j'ai 16 ans, j'écoute R+ (bien entendu)
et d'autres groupes de métal, punk et punk-rock.
J'ai un blog spécialement créé pour mettre en ligne des photos de mes
dessins et peintures : iCi

n'hésitez pas à laisser des commentaires, des critiques, des avis, des réactions...

Bonne lecture =D


Lecteurs à prévenir :



si tu veux être rajouté à cette liste, préviens moi !

# Posté le dimanche 31 août 2008 12:12

Modifié le samedi 22 novembre 2008 18:25

CHAPiTRe 1 : HERoïN

CHAPiTRe 1 : HERoïN
Banlieue de Berlin, octobre 1993.

23Hoo.

Et merde. Encore une journée inutile. Non, en fait c'est tout bonnement MOI qui suis inutile. Je me demande s'il y a encore de l'espoir. On dirait que le destin ne m'est pas favorable. Pourtant c'était bien parti non ? Petite, je m'imaginais déjà... « Kay, la plus grande artificière de toute l'Allemagne ! Maman tu crois que je vais réussir ? »

Et me voilà aujourd'hui : Kay, 25 ans, diplômée de pyrotechnie depuis Mai, n'a toujours pas trouvé d'emploi, et vit grâce au maigre héritage de ses parents fraîchement décédés lors d'un accident de voiture, tente de vendre ses peintures sur la grande Place de Berlin. A échoué. A échoué. A échoué. Pitoyable.

J'ai rencontré Kerstin cet été. Je commençais à étaler mes toiles sur la Place, et à cracher du feu pour attirer les acheteurs potentiels. Il fallait bien que je me trouve une occupation, à défaut d'un poste de pyrotechnicienne ou artificière. Les économies de mes parents commençaient à s'amoindrir. Tous les moyens sont bons pour payer le loyer de mon petit studio et remplir mon frigo.

Il s'est approché, fasciné. Comme aimantés, mes yeux se plongeaient dans les siens, sombres. La brise faisait frémir ses cheveux dorés. Le soir, il était dans mon lit, et j'apprenais son passé douloureux.Lui aussi était orphelin, il vivait de rien dans les quartiers peu recommandables de la ville. Outre son job de chargeur, lui aussi était décidé à faire de son art un gagne-pain. Le lendemain, il esquissait des portraits au crayon, à côté de mon propre « stand » de peintures. C'était en juin.

Mais aujourd'hui, malgré la présence réconfortante de Kerstin, je suis en proie au doute. Je me pose des tas de questions... Combien de temps vais-je « vivre » ainsi ? Et qui sait de quoi sera fait mon lendemain ?
Mais le pire, sûrement, c'est le manque d'inspiration qui s'installe en moi. Je n'avais jamais vécu cela auparavant... Ma morosité l'emporte sur ma peinture. Je ne trouve plus la motivation. L'angoisse est une enclume qui m'entraîne vers le fond, loin de l'art. C'est désespérant. Vendre mes toiles est l'une de mes seules sources de revenus... Aujourd'hui je ne suis plus qu'un puits tari. J'ai bien peur que ce mal s'empare également de Kerstin. Que va –t-il se passer si nous ne vendons plus sur la grande Place et si je n'arrive toujours pas à trouver un emploi ? Mes interrogations reprennent. C'est un cercle vicieux.

« Kay ? »

Mon homme me tire de mes pensées.

« Kerstin : tu ne dors pas ?

Moi : je n'arrive plus à dormir. A quoi bon dormir ? Avec ou sans sommeil, je n'arrive plus à peindre.

Kerstin : ...

Moi : à quoi penses-tu ? Tu m'as l'air soucieux...

Kerstin : Honnêtement, j'ai réfléchi à notre situation. Je ne vois pas d'issue, mon job ne suffit plus à nous faire vivre, pas plus que la monnaie que tu récoltes à cracher du feu. Bientôt il ne restera plus rien de l'héritage de tes parents. Et je sais combien il est important pour toi de peindre, je vois bien la mélancolie qui te détruit. C'est pareil pour moi, Kay. Et j'ai trouvé ça... »

Il ouvrait son porte-monnaie, et en sortait un petit sachet, visiblement rempli d'une poudre blanche. De l'héroïne.

« Moi : Tu déconnes ? Tu crois vraiment que la drogue va nous sauver ? Tu ne crois pas qu'on va couler encore plus loin si on prend cette m*rde ?

Kerstin : Ecoute, je sais que ça te parait insensé... Mais ça pourrait nous permettre de reprendre nos pinceaux ! Je connais plusieurs artistes qui s'en servent...

Moi : Je les connais aussi ces artistes. Talentueux, je le reconnais, mais jamais je ne perdrais ma dignité de cette manière !

Kerstin : Oublie un peu ta dignité... je te parle de survie. Je pense vraiment que l'héroïne peut nous aider temporairement. Il suffira juste de savoir s'arrêter, et on est deux, on se soutiendra et on ne tombera pas dans la dépendance, je te le promets. »

Je ne répondais plus. Je n'avais plus d'arguments. Surtout à minuit. Peut-être avait-il raison... On pourrait peut-être se servir de cette drogue comme un moteur... Je devais lui faire confiance, refuser serait égoïste. Il avait sûrement raison, ce serait l'histoire de quelques jours, quelques jours pour peindre et revendre. Je m'endormais, perdue dans mes réflexions.

11Hoo, le lendemain

Je redoute cette journée. Buvant mon café dans l'unique pièce de 16m², je croise le regard incertain de Kerstin. Lui aussi n'est pas très confiant, mais à vrai dire, nous n'avons pas beaucoup le choix. C'est tenter le diable, ou crever de faim à petit feu.

Mon homme sortait ses pinceaux, j'amenais également une toile pour chacun de nous. Tout est prêt. Sur un morceau de papier, Kerstin s'applique à dresser un rail de drogue. Ce qui est fait est fait. Nous serons bientôt sous l'emprise de l'héro. Mon angoisse est palpable.

Les effets se font sentir, comme un flash. Une dangereuse sensation de bien-être s'empare de mon esprit totalement soumis. Le plaisir s'engouffre dans mon sang... Ma main se tend, à l'extrémité : un pinceau qui se met à se mouvoir. Il me semble alors que mes couleurs vivent.

Nous avons peint toute la journée et continué la nuit. Notre travail est excellent et fructueux.

Demain, on recommence.



Fin du premier chapitre.
iL est inutile de préciser que je ne suis pas partisane de la drogue, c'est pas bon et c'est dangereux.
(Mais on s'en fiche, c'est une fiction =P)

# Posté le dimanche 31 août 2008 12:23

Modifié le samedi 20 septembre 2008 07:18

CHAPiTRe 2 : MiRoiR.

CHAPiTRe 2 : MiRoiR.


Début décembre 1993, Berlin.

23H3o.

Mais qu'est-ce que je fais.

Qu'est-ce que j'ai fait.

Okay, c'est pas le moment de te poser des questions, Kay. Reprends un verre, t'es certainement pas assez ivre pour être zen. Accoudée au comptoir du bar (mon lieu de prédilection, désormais) je finis vite fait mon verre de whisky et saute du tabouret haut.

Je traîne les pieds jusqu'aux toilettes répugnantes du lieu et croise mon regard vitreux dans le reflet du miroir. C'est vraiment moi, ça ? Je ne me reconnais pas. Ma chevelure, autrefois ondulée et auburn, s'est visiblement ternie. Mon teint est blafard, mes yeux cernés par la fatigue et la nervosité, mon regard est perdu et mélancolique.

J'ajuste ma tenue. Ce sera bientôt mon tour de me déhancher devant les hommes peu fréquentables qui squattent, matin et soir, ce bar malfamé. Ces derniers temps, je dois admettre que ma vie a basculé, je le sais pertinemment. Je pensais avoir touché le fond, j'en étais loin.

Aujourd'hui, je suis une junkie. Comme beaucoup de jeunes adultes du coin, d'ailleurs.
Si seulement je pouvais revenir en arrière. Au moment où Kerstin et moi avions sniffé pour la première fois. L'inspiration nous était revenue, malgré elle. On a vraiment crû qu'on s'était sauvé la vie, alors qu'on se damnait. C'était prévisible : nous n'avons pas réussi à nous détacher de la drogue si « bienfaisante » et destructrice.

Les premiers temps, on a vendu nos ½uvres, et cette victoire nous a encouragés à sombrer dans la dépendance. Puis on s'est vu devenir nerveux, instables... Notre couple n'a pas résisté à notre automutilation. Je me suis retrouvée seule et encore plus démunie. Et il fallait financer ma dose quotidienne de poison... J'ai cessé de cracher du feu sur la Place publique (par défaut d'énergie) et à ce jour, je ne peins que sous l'emprise de la drogue. Kerstin, lui, est devenu dealer, et commet des agressions pour obtenir du fric. 'Encore plus accroc que moi. C'est délicieusement effrayant.

Au fil des jours, mon corps et mon esprit exigeaient encore plus de poison. Pour survivre à cette emprise, j'ai du suivre la voie d'une autre junkie... Depuis quelques semaines, je suis payée pour danser chaque soir sur une estrade. Je serais prête à faire presque n'importe quoi pour mon injection de « bonheur quotidien ».

Minuit.

C'est l'heure du show. De cuir vêtue, j'offre une danse lascive à la quinzaine de regards braqués sur moi. Je m'en fous, je ne les regarde pas, et je suis assez soûle pour ne pas me sentir honteuse. Certains hommes ne viennent que pour me voir, et je fais attention à ma peau en sortant du bar. Ici, il n'y a que des habitués. Mais je crois qu'ils ne savent pas ce qui me pousse à danser si sensuellement. Je cache les marques bleues/violettes aux pliures des coudes par de longues mitaines. Mon « public » ne voit pas les vestiges de mes piqûres d'héro. Si jamais ils avaient pitié ou étaient dégoutés, ils ne me glisseraient plus de billets.

Par curiosité, je jette un rapide coup d'½il sur la pièce légèrement sombre. Je ne voyais que les habitués, bière dans la main, sourire en coin, chuchotant entre eux... Mais à ma surprise, je croise le regard de trois hommes. Mon regard se faisait insistant, je cherchais à les reconnaître malgré l'ambiance tamisée du bar. Ils m'ont l'air plutôt jeune, bien bâtis, les cheveux foncés... Rien à faire, ceux là sont nouveaux, j'en suis persuadée.

Je détourne mes yeux en continuant ma danse. Je sens le regard de ces trois hommes, il me traverse de part en part. Honteusement, j'en suis flattée, et je redouble de confiance à travers mes mouvements fluides. Le patron sera ravi si j'attire de nouveaux « futurs habitués ». Je risque une nouvelle fois un regard furtif sur les trois nouveaux. Ils ont l'air ensorcelés, c'en est déroutant. Malgré moi, mes yeux restent aimantés vers eux, je reste fascinée par leur visage à peine éclairés jusqu'à la fin de mon show.

Je file vite dans la minuscule pièce qui nous sert de loges, décontenancée. C'est la première fois que je panique devant un public. Peut-être que je n'ai pas bu assez...

J'enfile un long manteau et sors par la porte de derrière. C'est le lieu que moi et Kerstin, mon dealer, avons fixé pour nous retrouver. Il est déjà là, appuyé contre le mur. J'ai hâte.

« Moi : Tu as ce qu'il me faut ? Je ne vais plus tenir en place...

Kerstin : Pas vraiment. Et toi, tu as ce qu'il me faut ?

Moi : je comprends pas... Arrête de divaguer et file moi ma dose !

Kerstin : Je veux que tu reviennes, on était bien tous les deux... »


C'est à ce moment là que je distingue une odeur d'alcool qui émane de lui. Il est complètement ivre.

« Moi : je vois... On se revoit demain soir, même endroit. J'imagine que tu auras les idées claires. »

Je reviens sur mes pas, m'engouffre dans la rue qui mène à mon studio, contrariée.
Tant pis pour l'héro. Je vais faire sans pendant 24H.


Merci pour vos commentaires de soutien =)
la suite bientôt ...

# Posté le dimanche 31 août 2008 13:53

Modifié le samedi 20 septembre 2008 07:18

CHAPiTRe 3 : SoUS EMPRiSe.

CHAPiTRe 3 : SoUS EMPRiSe.


Le lendemain.

Midi.

J'ai eu un mal fou à m'endormir. Le regard perçant de mon nouveau public m'a hanté jusque sous la couette. J'ai eu beau fermé les yeux, ses yeux apparaissaient sur ma rétine. Effrayante sensation d'être suivie. Sensation effrayante mais aussi excitante, je dois l'avouer.

La sensation de manque se fait sentir... Je prends le temps d'enfiler un survet' dix fois trop grands (en même temps, je suis plutôt petite), attache mes cheveux rapidemment, et avale un cachet de Valeron (*pilule parfois utilisée par les toxicos de l'époque afin d'amoindrir la sensation de manque). Dans le coin de la pièce, j'aperçois une toile vierge, mes pinceaux traînant autour...

Je prends à la volée une bouteille de vodka. Le liquide réchauffe ma gorge, se mêle aux gateaux secs que j'engloutis. Mes yeux sont toujours rivés sur la blancheur de la toile qui n'attend qu'à vivre. Vite, mon esprit s'assombrit, mes yeux sont embrumés, mon pas est indécis... Je titube vers mes pinceaux, lâchant ma bouteille presque vide.

Je suis à moitié consciente de la chorégraphie de mes gestes, je vois les formes défiler, le reste de la pièce tourne autour de moi, les couleurs se mêlent, je suis rivée sur ma peinture.

Au bout de trois heures d'ivresse artistique, je tombe sur mon plancher, exténuée, comme à chaque fois que je peins. Le sommeil m'emporte.


2oHoo

Mes yeux s'ouvrent puis se referment. Les effets de l'alcool se sont un peu dissipés, mais ma tête me fait un mal de chien. Difficilement je bouge mes doigts et mes pieds... Je me rends compte que je suis toute engourdie, et que décidemment, la parquet n'est pas aussi confortable que mon lit.

J'approche mes doigts vers mes yeux et contemple mes mains. Elles sont franchement sales : recouvertes de peinture, noire, gris, rouge... Je me rappelle alors mes dernières actions avant de m'être endormie. Je me relève avec peine et soulève le drap jeté sur ma toile.

Je découvre non sans satisfaction mon travail...

Je vois très distinctement ce que j'ai peint « inconsciemment » : il s'agit d'un couple enlacé amoureusement, la fille peinte en rouge, l'homme en noir, formant un tout homogène et flou. Une vague de mélancolie s'insuffle en moi... Jamais je ne connaitrai ce bonheur, si pur, si fusionnel...Moi, je suis condamnée à un « bien-être » malsain auquel je suis dépendante jusqu'à ma mort.

Agacée, je rejette le drap sur la toile.


23Hoo

Je ne me suis pas remise de cette image du couple enlacé. Je me mets à divaguer, imaginant qu'il s'agit peut-être d'une prémonition, ou alors d'un remord caché au plus profond de moi. J'ai peut-être peint l'image d'une vie que j'avais rêvée. La mélancolie ne me lâche plus.

Dans la petite loge des danseuses, mes deux collègues junkies me réconfortent. Mon regarde est plus vide que jamais... Je cache mes cheveux sous un chapeau haut de forme qui voile également mon regard, ne laissant entrevoir que le tiers de mon visage.

Ce soir, la motivation n'y est pas, je la cherche dans un verre de whisky. A mon tour.


Tout d'abord dans le noir, la lumière épouse mes formes tandis que la musique s'élève. Les bavardages cessent ; tous sont concentrés sur mes mouvements gracieux. Qui aurait crû que mon passé de petite danseuse classique m'eut aidé à financer ma drogue ? L'ironie m'arrache un sourire. Je sens les regards pervers se promener sur mon corps frêle.

Mais je me refuse de tenter un regard vers eux... les trois hommes, présents pour la première fois hier soir, sont revenus.

Pendant plusieurs secondes, je m'exige de baisser les yeux, ou de les clore. Je sais que je porte un chapeau jetant une ombre sur mes yeux, pourtant, si jamais je croise leurs regards, je vais perdre l'équilibre. Ce n'est vraiment pas le moment, d'autant plus que le manque d'héroïne commence à se faire ressentir... Mais ne pas les regarder devient une véritable torture, et au bout de ces quelques secondes, je me soumets à la tentation de plonger mes yeux dans les leurs.

Et c'est comme une dose d'héro... le plaisir m'envahit, leurs regards me pénètrent, et bientôt je ne danse que pour eux, misérables plongés dans l'obscurité du bar. L'instant s'achève avec les dernières notes de musique, je détourne mon regard sans prêter attention aux sifflements ou légers applaudissements.


Une fois encore, je suis délicieusement ébranlée par cet instant. Dans ma loge, je tarde à me démaquiller, mon esprit est loin. Mais mon corps, lui, me rappelle à mon devoir : aller trouver Kerstin.

Enfilant mon manteau, je déboule pour atterrir devant la sortie, menant à la petite cour derrière le bar : l'endroit du rendez-vous. Je pousse le bâtant de la porte et aperçois avec appréhension qu'en dehors de Kerstin, appuyé sur le mur comme habituellement, deux hommes sont présents au fond de la cour, fumant leur cigarette et discutant tout bas. Leur silhouette me semble familière mais je n'ai pas le temps de m'y attarder. J'espère seulement qu'il ne s'agit pas d'une brigade des stup' en planque.

Je m'avance vers mon ex, et n'y vais pas par quatre chemins :

« Moi : j'espère que ce soir tu as ce que je veux...

Kerstin : Bien entendu, seulement tu vas devoir coopérer...

Moi : s'il s'agit d'une proposition, autant le dire clairement : je refuse qu'on soit de nouveau en couple. Tu sais très bien où ça nous a mené, et que ça ne marche pas entre nous. »

Mon ton est ferme, mais je ne l'ai pas convaincu apparemment. iL m'attire contre lui, approchant son visage très près du mien, suffisamment pour que je me rende compte que ce soir, il était tout à fait lucide.

« Kerstin : J'ai envie de toi... »

Un geste déplacé accompagne ses paroles... S'il continuait, il est certain que je ne serais pas en mesure de le dissuader par la force. Je le repousse fermement, en vain... Mon ton se fait plus dur encore :

« Moi : Lâche-moi maintenant ! »
... il commence à me serrer et essaye de m'embrasser...

« Moi : arrête ça !! »
Dans la peur, je fermais mes yeux, et j'ai crû qu'il avait enfin décidé d'obtempérer puisque il m'avait lâché précipitamment.

J'ouvre les yeux, et vois le cou de Kerstin, affolé, coincé dans les mains géantes d'un homme qui me paraissait gigantesque. A son côté se tenait un autre homme, moins grand mais tout aussi imposant. Je restais stoïque, tandis que l'homme intimidait mon dealer. Dans la nuit noire, l'homme lâche enfin son étreinte et Kerstin détale dans la rue. Je m'autorise un soupir de soulagement, et regarde enfin mes deux « sauveurs », qui s'approchaient dans la lumière du réverbère.


Je les reconnais tout de suite.


Chapitre un peu plus long ^^
continuez à poster =P

# Posté le dimanche 31 août 2008 15:28

Modifié le samedi 01 novembre 2008 12:52

CHAPiTRe 4 : FAsCiNATioN.

CHAPiTRe 4 : FAsCiNATioN.
Deux des hommes aux regards passionnés et passionnant du bar... Je suis figée sous leurs yeux bleus, charismatiques. iL me semble qu'ils m'ont également reconnue. Leur allure est envoutante elle aussi, ils ressemblent tout simplement à des dieux.

Je suis bouche bée et transie de surprise et de gêne. Tous deux fument encore et me couvent de leurs regards chaleureux... Ses yeux... On pourrait s'y noyer. Le plus petit m'a l'air aussi timide que moi, l'autre m'adresse alors la parole :

« Je m'appelle Till, lui c'est Richard. Belle nuit étoilée non ? » dit-il, un sourire sarcastique en coin.

« Moi : Je... Je vous remercie pour... l'incident de ce soir. Je ne sais pas ce qu'il se serait passé si vous n'étiez pas intervenus... »

Till me sourit, et lentement, saisit mon bras droit, remontant ma manche le long de mon avant-bras, tout en continuant de m'observer. J'étais fascinée par la douce dextérité de son geste... Son visage s'incline afin d'observer discrètement les hématomes violets au niveau de mes veines. Un rictus de peine se dessinait sur son front, tandis que j'étais envahie d'un sentiment de honte mêlé au dégoût de ses marques de piqures. iL l'aperçoit alors, et me dit presque naturellement :

« Je n'ai jamais réussi à me piquer en me servant de ma main gauche »

Je baissais la tête, honteuse et gênée... Richard, qui n'avait rien dit jusque là, soulève délicatement mon menton de sa main, plonge ses yeux bleus dans les miens, et me dit tristement :

« C'est réellement dommage... »

Je détourne la tête... iL a raison. Je ne peux pas en supporter plus.

Je les abandonnais ici en prenant la rue. En rentrant chez moi, je m'effondre sur mon lit, en pleurs. J'avais vraiment pitié de moi, et j'étais en colère... Tout en moi n'est que soumission et lâcheté. Je suis damnée, damnée... Entre mes poings, je serre avec fureur les coins de mon oreiller, la tête enfouie dedans. Si mes parents me voyaient, ils auraient honte de moi. Je me dégoûte.

Je me suis endormie avec leur visage dans les yeux. Malgré ma peine et ma frustration, ma nuit a été douce, chaleureuse. Comme leurs sourires.


le lendemain.

Je me réveille soudainement. La lumière m'éblouit et de légers spasmes animent mes mains et mes pieds, mes dents claquent. Avec les évènements d'hier soir, je ne me suis pas rendue compte que je n'avais toujours pas pris d'H. Avec de légers sursauts, je me rends jusqu'à ma salle de bain et saisis la boîte de Valeron.
« Vide.... » Horreur.

Je jette un coup d'½il à la pendule : 10Hoo. iL faut que je trouve un dealer d'ici quelques heures, je suppose que Kerstin ne voudra plus avoir à faire avec moi depuis hier...

« A moins que j'aille à la pharmacie... »

Idée idiote, aujourd'hui est un samedi, les pharmacies sont fermées. Je saisis mon front, ma main toujours tremblante, ma tête tourne. J'ai envie de gerber. Dernière solution : m'assommer à coup de somnifères. J'avale plusieurs cachets de ce remède de fortune et m'affale de nouveau sur mon lit encore tiède.

21Hoo

Une nouvelle fois, je me réveille. Je suis encore assommée, ma tête est affreusement lourde, j'ai très soif. Je termine la bouteille de vodka, enfile en vitesse mes fringues et rejoins le bar. Je flotte dans une autre dimension.

Mes deux collègues gogo danseuses comprennent tout de suite l'origine de mon état. De loin, leurs voix désolées m'annoncent qu'elles n'ont pas d'héro sur elle mais qu'elles m'en fourniront dès que possible. Les spasmes envahissent toujours mes mains et ma gorge.

Difficilement, je me maquille, essayant de contrôler mes tremblements. Mes yeux sont injectés de sang. Malgré moi, je commence à paniquer. Vivement que mon show soit fini, je me dépêcherai de faire le nécessaire pour me sortir de cet état. Heureusement, ce soir je suis la première à danser.

Sur la petite scène où émerge une grande barre métallique, la lumière est tamisée. J'ai beaucoup de mal à tenir debout sur mes talons, je m'accroche du mieux que je peux à la barre... Mes yeux s'agitent vers tous les visages, et les spasmes reprennent, deviennent de plus en plus violents... Ils envahissent mes jambes, me forçant à fléchir mes genoux. Je suis pliée en deux, essayant de m'accrocher à la barre. Je ne distingue plus le haut du bas, les tremblements se font de plus en plus répétés et envahissent mes bras, ma colonne vertébrale entière... Je suis une bombe à retardements. Je panique, mes yeux sont fixés sur les néons du plafond, mes dents mordent l'intérieure de mes joues et ma langue, un goût de sang m'envahit... J'entends au loin des voix qui s'affolent. Je ne contrôle plus mon corps en crise et tombe à terre.

Le néon m'éblouit puis je vois un visage se poser au dessus du mien...
Till...

« Ne t'inquiètes pas »

Je me sens être soulevée, comme si je pesais aussi léger qu'une poupée de chiffon... Mes spasmes continuent de plus belle, je sens mes muscles se raidir l'un après l'autre, ça me fait mal. Puis, le noir.


4 chapitres en une soirée, c'est beaucoup, je pense pa tenir la route longtemps comme ça =P
il faudra attendre un tout petit peu pour la suite...
10 cOms ?

# Posté le dimanche 31 août 2008 17:59

Modifié le samedi 20 septembre 2008 07:19